Le live report que j'ai posé sur Metalsickness.com
Il était difficile de résister à une telle affiche en ce 7 décembre, Tool + Mastodon, voila qui en ferait saliver plus d’un, non ? Aucune hésitation pour ma part et pour l’ami Zobiwane non plus, puisque pour un concert on vous offre deux live-reports chez Metalsickness, on est comme ça, on donne sans compter. Et puis il y’en a à dire sur ce concert, alors entrons dans le vif du sujet sans plus tarder.
20h00: Mastodon démarre en trombe alors que je suis encore dans la file d’attente histoire de montrer que mon sac à dos ne contient pas de tronçonneuses ni de grenades ni, encore pire, un appareil photo. Je rate donc la première chanson et arrive à l’intérieur de la halle Tony Garnier alors que Mastodon entame un "The wolf is loose". La salle est encore faiblement remplie et c’est sans problèmes que je me glisse vers les premiers rangs, histoire de me faire mal aux oreilles, ce qui se fera sans peine... En effet, le son est loin d’être satisfaisant, les guitares sont noyées par la batterie, les voix ne sont pas suffisamment audibles et cela ne s’arrangera que très peu pendant le set. Dommage car l’excellent "Blood Mountain" sur lequel se basait la set-list perd grandement en qualité. Les soli sont difficile à distinguer et les chœurs comme sur le génial "Colony of birchmen" assez inégaux. Quant à la prestation du groupe en elle-même, elle est assez bonne bien que le groupe fut peut-être un peu trop statique, mais la prestance et la puissance du groupe suffit quand même à convaincre une partie du public, le reste se demandant encore pourquoi un groupe aussi "bourrin" était en première partie. Demi-déception donc pour cette première partie, Tool se devait donc de rehausser le niveau.
Et ils vont le faire, haut la main… On nous dévoile cette scène toute de blanc revêtue avec ses quatre écrans géants en fond, la batterie imposante de Danny Carrey, on le sent il va se passer quelque chose de grand… Une demi-heure après le départ du combo d’Atlanta, l’obscurité se fait à nouveau et les membres de Tool montent sur scène, Danny Carey et son maillot des Lakers en tête, Maynard James Keenan fermant la marche. Premier morceau, hystérie générale, les premières notes de "Stinkfist" résonnent déclenchant même un début de pogo sur les premiers rangs, pogo qui cessera rapidement d’ailleurs. Contrairement à Mastodon le son est excellent, chaque instrument est parfaitement audible et la voix de Maynard se fait entendre dans toute la salle (qui s’est copieusement remplie dès la fin de la première partie), aussi sublime que sur cd. Tant qu’on est dans "Aenima" autant y rester et c’est alors "46&2" qui débarque suivi du premier extrait de "10000 Days" de la soirée, le tribal "Jambi" exécuté impeccablement. La foule déjà conquise, redouble d’enthousiasme lorsque le show fait vraiment son apparition. Les 4 grands écrans en fond de scène s’allument, les premières images du clip de "Schism" apparaissent, un morceau intense ou Adam Jones et Justin Chancellor se lâcheront, partant dans une impro des plus puissantes sous les regards impressionnés du public. Fin du morceau le silence se fait… Adam et Justin entament alors les premières notes de "Lost Keys", tout en douceur, les lights bleues créant une ambiance d’un autre monde, Maynard part se cacher derrière un mur d’amplis pour revenir au moment où "Rosetta Stoned" démarre. Le charismatique leader entame alors un chant alterné entre mégaphone et micro, alliant même les deux sur la fin, donnant l’impression qu’il y’a 2 chanteurs sur scène. Maynard, il est difficile de décrire son attitude scénique, parfois en transe entamant une danse mystique au rythme de la musique, parfois déchainé autour de son pied de micro comme il peut tout aussi bien rester une bonne minute de dos (laissant apparaitre son grand tatouage dorsal, une colonne vertébrale) comme si le public n’existait pas. L’homme possède vraiment une aura unique. Mais revenons-en au concert avec la seule chanson extraite d’"Undertow", "Swamp song", splendide qui intervient juste avant que le groupe ne fasse une pause. Mais pas une fausse pose du style "on s’en va avant de refaire un rappel", non, le groupe pose ses instruments s’assoit sur scène et discute en buvant, Justin allume deux briquets et demande à la foule d’en faire autant, ce qui ne tarde pas. Après 5 bonnes minutes le concert reprend pour un moment absolument magique que toute l’assemblée attendait, le diptyque "Wings For Marie"/"10000 days". D’immenses lasers verts balayent la salle, la basse hypnotise tout le monde, la voix de Maynard est plus prenante que jamais, la foule (mis a part quelques abrutis qui se mettent à crier dans un moment aussi magique) reste silencieuse, respectueuse devant tant de beauté avant de se lâcher sur l’explosion finale de la deuxième partie. Plus que deux titres, qui prendront une forme d’apothéose avec tout d’abord "Lateralus" de l’album du même nom qui permettra une fois de plus à Danny Carey de prouver qu’il est un des meilleurs batteurs de la scène actuelle avant que le groupe finisse d’user les cordes vocales du public sur un "Aenema" dont le refrain est repris à l’unisson. Et c’est fini, les lumières se rallument, jets de bouteilles d’eau, de baguettes et de toms dans la foule, Tool remercie son public, chacun des membres se félicitent mutuellement, un dernier coup d’œil, un dernier au revoir à la fosse et le quatuor disparait.
Quasiment deux heures de Tool, un moment unique qui restera gravé dans ma mémoire. Les écouter sur cd c’est déjà quelque chose mais alors sur scène ils repoussent les limites de la perfection. Comme le disait Maynard en début de concerts, « On ne parle pas français mais on parle le langage de la musique », et ils en sont les Molière, les Shakespeare. Un concert dont j’espère qu’il aura vite des semblables en souhaitant que le "See you next Summer" de Maynard ne soient pas des paroles en l’air.
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