So, I was in London at the Brixton Academy, the 21 th and 22 th of August for Tool.
Au dernier concert parisien de Tool , j'étais passée complètement à côté. J'étais complètement parasitée et polluée.
Je suis donc venue pour du rattrappage. Cette fois-ci, même s'il reste encore beaucoup à faire, beaucoup de ménage a tout de même été fait. Et j'étais à Londres depuis deux jours, cela m'a permis de me délester aussi de mes repères habituels et d'arriver aussi allégée que possible pour déguster le royal royal cheese festin.
La salle de Brixton est ausi superbe qu'on pourrait le souhaiter.
Il y a certaines choses que seuls les British peuvent faire. Avant de rentrer dans la salle : "Ladies à gauche, gentlemen à droite ; restez là !". Pas de barrière ni personne devant, et tout le monde rete sagement là dix minutes sans bouger, en rang d'oignons, ladies à gauche, gentlemen à droite. Le premier soir, les ladies ont eu une fouille express, cela fait que la salle était remplie uniquement de ladies dans le premier quart d'heure. So lovely.
Le premier soir, j'ai été au balcon, au premier rang, au centre. Idéal pour profiter de tout le visuel. C'est peut-être parce que j'avais les yeux bouchés au dernier concert parisien, mais j'ai l'impression que ce visuel a complètement changé et était plus beau que jamais. Beaucoup d'images qu'il me semble n'avoir jamais vues. Un vrai régal.
Les portes de la perception ont été considérablement nettoyées depuis décembre. J'entends et vois tout plein de choses que je n'avais pas perçues. C'est un superbe cadeau. J'ai néanmoins conscience qu'une part considérable m'échappe encore. Je ne sais pas vraiment encore ce premier soir pourquoi je suis venue de si loin pour un 3ème et 4ème concert. Venir chercher quoi ? Les choses me parviennent d'abord par morceaux : qu'est-ce que fait chacun sur la scène, et le visuel. Et puis, de plus en plus fréquemment , viennent d'heureux moments où tout se met ensemble, sans plus aucun bavardage mental.
Maynard avait une pêche d'enfer. Affûté comme une lame de rasoir. Les autres aussi. De loin, comparé aux trois autres qui se défoncent, Adam, qui ne bouge pas, semblerait vouloir nous faire croire qu'il ne fait rien. Mais on le croit pas.
Le meilleur moment de ce premier concert a été pour moi "Schism". La chanson que je préfère de Tool. Très représentative dans le texte de ce que je cherche dans Tool. De ce que je cherche en général.
Tool a joué , ce soir-là, la setlist des festivals. A peu près la même setlist qu'à Paris moins les Wings. Ils ont néanmoins joué 90 minutes. On sait ici combien cette répétition leur a été beaucoup été reprochée. Les Occidentaux n'aiment pas la répétition. La répétition est très orientale. Je trouve bien des aspects orientaux dans Tool. Creuser toujours le même sillon. Pour percevoir les choses tout différemment à chaque fois. Vous n'avez pas encore saisi ?... on vous refait la même ... got it ? Tool vous prend là où vous en êtes et vous emmène plus loin à chaque fois, pourvu que vous ayez quelque capacité à vous y abandonner.
La setlist a donc été :
Jambi
Stinkfist
46 & 2
Schism
Rosetta stonesd flood
Lateralus + duo de Danny avec le batteur de Russian Circles
Vicarious
Aenema
Le groupe a donc joué 90 minutes.
J'ai été ravie de ce premier concert. Je dois tout de même reconnaître que je suis restée un peu sur ma faim et que j'ai été un peu disappointed par l'absence de "Wings" que je n'avais absolument pas pu déguster comme je l'aurais voulu à Paris (restée même tout à fait à l'extérieur du restaurant).
Never mind, j'étais là de nouveau le lendemain et ça allait être un feu d'artifice.
Le 22 donc. Bien mérité par mon acharnement : j'étais cette fois-ci dans la fosse, tout contre la barrière. Ça a été de justesse et heureusement : ça n'aurait pas été supportable ailleurs que contre la barrière pour moi. Ça bougeait énormément derrière. J'ai dû lutter toute la soirée pour sauvegarder plus de densité que je n'ai au naturel. C'est un peu gênant au début, puis ça s'intègre complètement à l'ensemble et à la musique. Ça a même du bon: l'énergie mobilisée à faire ça, en retire pour le bavardage mental, ça rend plus présent aux choses.
J'ai pu donc voir mes Tool de près pour la première fois. C'est comme ça que se sont passés les meilleurs concerts pour moi. On perd beaucoup du visuel, bien qu'on en profite aussi, mais d'une autre façon que de loin : par fragments, une figure géante prend une autre signification. Et surtout ,on voit et comprend qui fait quoi et comment. On saisit aussi plus profondément les personnalités. Et puis je dois dire que j'aime bien que l'on m'en mette plein les oreilles, je peux rentrer davantage dans tout de cette façon -là. Le son me paraît toujours trop lointain quand je ne suis pas tout devant.
Je suis juste devant Mr Adam Jones, mon Tool préféré. Moment très attendu. J'ai donc pu tenter de pénétrer l'impénétrable toute la soirée. Brillant sans jamais être démonstratif. Toujours étonnant, incisif et précis. Comme personne, je le perçois merveilleux et adorable. J'aimerais avoir des doigts comme les siens. Ils doivent faire le double des miens. Pas étonnant que j'y arrive pas. J'aimerais bien être sa guitare pendant "Rosetta stoned". Il se fait maintenant deux nattes. Il devait en avoir assez qu'on lui dise qu'il ressemble à Chewbacca. Maintenant, c'est beaucoup mieux, il ressemble à Chewbacca qui se serait fait des nattes. Ça lui donne un air inca, qui accentue son attitude de marbre, les yeux fixés sur... sur...
L'intro des "Wings" a pour moi été un ravissement. D'autant plus que, depuis la veille, j'en avais fait tout à fait le deuil. Ce morceau et "10 000 days" sont un bijou sur scène. Moment suspendu de recueillement. C'est pendant ces morceaux que Maynard, Danny et Justin sont les plus calmes. De même que le public. Adam est tout à fait magnifique sur ces morceaux. Et il s'énerverait presque. Si, si.
Hermann Lee, le guitariste de Dragonforce, est venu faire un solo sur "Lateralus". Il est resté très peu de temps. Seul Danny a joué avec lui. J'ai trouvé qu'il avait de magnifiques cheveux... Pour le reste, j'ai trouvé que ça tombait comme... un cheveu sur la soupe. D'ailleurs, Maynard n'a pas arrêté de chahuter et faire le clown pendant tout son passage. Il était à côté de Danny et proposait au public des chiffres sur deux cartons, un 9 et... un 3. Sans doute pour noter les performances respectives de Danny et du guitariste. Il les changeait de côté, mettait le 9 à l'envers pour en faire un 6 ...
Ensuite, il s'est approché du public et a fait se dérouler un gros rouleau de PQ vers le public. Ça faisait une espèce de grande guirlande qui s'est déversée dans la fosse où étaient les vigiles. Maynard leur a demandé de nous transmettre. Est-ce que qu'il a voulu nous signifier que c'est comme ça qu'il considérait le solo de leur invité , c'est vraiment très possible ^^. Je me suis jetée comme les autres sur mon morceau de guirlande de PQ que j'ai toujours. Quant à l'autre morceau que m'a tendu le très charmant jeune homme surexcité qui était à ma gauche, comme si c'était le plus beau cadeau qu'il ait jamais fait de sa vie, je le transmettrai plus tard à mon fils comme la montre de Pulp Fiction.
A la fin du concert, Maynard nous a fait Columbo. Après avoir salué, il est revenu avec le guitariste, le bras autour de son épaule, avec un immense sourire mielleux, pour nous réclamer tous les applaudissements qui lui étaient dûs. This guy est un vrai pitre.
La musique de Tool est circulaire et tout en spirales. Elle évolue par grandes circonvolutions qui s'élargissent progressivement. Au moment où je perçois cette rondeur, a lieu le break. Seul Danny reste assis sur scène, et trois énormes cercles de métal, que je perçois comme des vaisseaux spatiaux , ou bien comme d'énormes yeux, descendent du plafond et se tournent vers nous. Tout est pensé et parfait.
Setlist :
Jambi
Stinkfist
The Pot
46 & 2
Schism
Wings
10 000 Days
Lateralus + solo de Hermann Lee
Vicarious
Ils ont joué 105 miniutes ce deuxième soir.
C'est le meilleur et le plus beau concert auquel j'ai jamais assisté.
J'ai obtenu ce que je voulais, je reste là-dessus et je n'irai pas les voir demain soir à Rock en Seine.
You know what ? I'm happy